Protocole situationniste où chacun, par petites grappes d’artistes, rend visite aux habitants du quartier pour une collecte d’objets du quotidien, le projet «Mi Casa es Tu casa» met en présence un nouveau public de l’art, où le spectateur est aussi un participant. La situation de l’exposition met en rapport les habitants d’un quartier où l’on se croise. Soudain, ce lieu (cette galerie dont ils ne savaient rien) les accueille et se transforme pour eux. Le corps social de Cuba était à tous. Désormais l’art est à chacun.

Il ne s’agit pas de prendre à l’autre ce qui le définit dans sa domesticité mais de le rendre acteur de ce choix en le laissant désigner ce qui sera (sa) part de cette collection de fortune.

En quelques heures une collection augmentée d’objets disparates investit un lieu. Ce lieu, une maison d’un quartier populaire de la Havane devient un nouveau domicile, fait de toutes les habitations du quartier. Ce lieu d’exposition et de collection d’objets est l’éphémère maison de tous. Le vernissage se fait performance et les habitants, peu accoutumés à rencontrer l’art deviennent les acteurs d’un geste, et le public d’une situation artistique. Puis, petit à petit, dans le tumulte d’un vernissage bigarré où les habitants se croisent, les voisins échangent dans la simplicité populaire et la joie de l’instant, ils repartent chez eux, avec ce qui quelques heures plus tôt avait été prêté pour l’exposition.

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